Ibn Khaldoun enfin libre !

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Le nouvelliste Kamel Riahi vient de mener ces derniers jours une rude campagne pour libérer le penseur
Ibn Khaldoun du joug d’une bouteille géante de soda qui a été plantée et qui l’a privé de son rituel quotidien.
Des vents sur l’avenue Bourguiba ? Est-ce un profond ouf de soulagement d’Ibn Khadloun qui a passé des jours terribles, derrière ces cartons industriels et qui avait peut-être des doutes sur le résultat d’une confrontation probable entre la pensée, l’artistique et la mémoire d’un côté et le pouvoir, l’argent et l’industrie de l’autre? Ibn Khaldoun a peut-être été également inquiet de ne pas pouvoir, comme à l’accoutumée, rencontrer au quotidien les yeux des Tunisiens et écouter leurs pensées.
C’est depuis de longues années qu’il pose somptueusement à l’avenue Habib Bourguiba. Œuvre majeure des deux maîtres Zoubeïr Turki et Amor Ben Mahmoud, Ibn khaldoun est sans doute l’emblème de cette artère principale de la ville. Un burnous tunisien sur les épaules, serrant l’un de ses bouquins, peut-être sa «Muqaddima» qui a fait sa renommée ou encore son «Livre des préceptes» (Kitab Al- Ibar), Ibn Khaldoun veille depuis au moins trois décennies sur les différents monuments de l’avenue Bourguiba. Témoin de différentes mutations qu’ont vécues la Tunisie et les Tunisiens, Ibn Khaldoun, le sociologue, le penseur et l’historien semble bien placé pour tout voir de cet emplacement stratégique… Lui qui a suivi de près les événements du 14 janvier et qui, depuis, observe attentivement les changements sociopolitiques et culturels, suit les campagnes électorales… C’est son rituel quotidien jusqu’au jour où il s’est trouvé du coup bloqué, privé de tout ce qui lui fait plaisir : contempler les Tunisiens dans leur va-et-vient, les écouter et surtout essayer de les comprendre. Certes, tout a changé. Mais pour notre grand sociologue dont les écrits ont changé le cours de l’histoire, tout doit passer par l’observation.
Le tournant…
Cherchant à cibler un grand nombre de consommateurs, une grande société de production de sodas n’a trouvé mieux pour sa campagne publicitaire que de placer un écran géant et une immense bouteille en carton devant notre sociologue. Pour cette entreprise économique, tout est dans l’ordre tant qu’elle a toutes les autorisations nécessaires des autorités concernées. Oui des autorités qui ne semblent pas bien savoir l’importance de cette présence symbolique de ce statut d’Ibn Khaldoun. Statut dont les valeurs scientifiques, artistiques et académiques sont indiscutables. Rebelle comme il a été toujours, le nouvelliste Kamel Riahi n’a pas tardé à son tour de mener une «guerre» intellectuelle pour libérer Ibn Khaldoun, un penseur qui a libéré l’humanité des préjugés et qui a permis à la sociologie de devenir une science… «Free Ibn Khaldoun», tel est l’intitulé de cette campagne à laquelle quelques citoyens ont adhéré. Campagne qui s’est achevée avec une belle victoire à la pensée, à l’humanité… D’ailleurs, c’est depuis le vendredi soir que Ibn Khaldoun a retrouvé sa liberté, contemplant cette Tunisie qui s’apprête à accueillir un nouvel an avec tant d’espoir !
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Imen ABDERRAHMANI
Le Quotidien – Dimanche 28 décembre 2014
Action culturelle
«Incarcéré» depuis quelques jours

A propos kamelriahi

KAMEL RIAHI Kamel riahi: tunisian novelist and journalist , born in 1974. He works as a cultural correspondent for prominent universal broadcasting including; newspapers, televisions and news agencies. He worked as the head of translation department at Arab Higher Institute for Translation in Algeria .In 2010, he returned to Tunisia where he joined the ministry of culture and took charge of the cultural panel in important spaces in the Tunisian’s capital. In 2007, got the “Golden Alcomar” prize to the best novel named “the scalpel” in Tunisia.In 2009 he was the only winner in “the Beirut 39” literary contest organized by high festival foundation to choose only 39 best arab novelists .One of the best five writers under the age of forty selected to participate in “the Bouker’s competition for two rounds. He issued a set of literary and monetary books such as; “Gulls memory” , “Stole my face” , “the scalpel” , “the gorilla” , “the movement of narrative fiction and it’s climate” and “thus spoke Philippe lejeune” and “the novel writing of wasiney al aaradj”.Some of his works have been translated into French,English,Italian,Hebrew and Portuguese languages.
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